Le Chelifer cancroides : Un allié discret des abeilles
Présentation du Chelifer cancroides
Le Chelifer cancroides, seul représentant du genre Chelifer, est une espèce de pseudoscorpions appartenant à la famille des Cheliferidae. Connu sous les noms de « scorpion des livres » ou « chélifère cancroïde », ce petit arthropode intrigue par sa discrétion et son rôle bénéfique au sein des ruches.
Un prédateur naturel du Varroa destructor
Depuis les années 1940, le Chelifer cancroides suscite l’intérêt des apiculteurs et chercheurs pour sa capacité à prédater le Varroa destructor, parasite particulièrement nuisible pour l’abeille européenne. Bien que rarement observé par l’apiculteur, ce pseudoscorpion joue un rôle modeste mais important dans la lutte biologique contre le varroa, en particulier dans les colonies sauvages qui ne sont pas traitées chimiquement.
Caractéristiques et mode de vie du pseudoscorpion
Discret et peu visible, le Chelifer cancroides vit dans de nombreuses ruches, souvent sans être remarqué. Il s’agit d’une créature minuscule qui cohabite harmonieusement avec les abeilles. Ce pseudoscorpion possède une paire de pinces à l’avant de son corps, mais, contrairement aux scorpions, il ne possède pas de queue dotée d’un aiguillon venimeux. Il appartient ainsi à un groupe distinct au sein des Arachnides. On recense environ 760 espèces de pseudoscorpions en Europe et plusieurs milliers dans le monde, dont une douzaine identifiée comme vivant au sein des colonies d’abeilles.
Le scorpion des livres : habitat et alimentation
La variété la plus courante dans les ruches est le Chelifer cancroides, souvent appelé « scorpion des livres ». Cosmopolite, cette espèce se développe principalement dans les souches d’arbres et la litière forestière, mais elle trouve également refuge dans les ruches. Elle se nourrit de collemboles, de larves d’insectes et d’acariens, qu’elle immobilise grâce à ses glandes à venin présentes sur ses pinces avant d’injecter des enzymes prédigestives pour faciliter leur consommation.
Déplacement et reproduction
Bien que dépourvu d’ailes, le pseudoscorpion est capable de parcourir de grandes distances en s’agrippant au corps d’insectes volants, ce qui lui permet de rejoindre facilement une ruche. À l’intérieur, il se reproduit dans les fissures et les petites cavités des parois, des cadres et du couvre-cadre. La reproduction s’effectue de façon similaire à celle des scorpions : le mâle dépose un spermatophore sur lequel il attire la femelle à l’aide de ses pinces, permettant la fécondation par capillarité. La femelle conserve ses œufs dans une poche incubatrice ventrale, d’où naît une douzaine de petits qui s’installent sur le dos de leur mère.
Cycle de vie et rôle dans la ruche
Les adultes peuvent vivre jusqu’à trois ans et passent l’hiver protégés dans un cocon de soie. Dans la ruche, le Chelifer cancroides se nourrit principalement de Varroa destructor, n’hésitant pas à aller le chercher directement sur le dos des abeilles. Ce comportement en fait un allié précieux pour l’apiculteur, car il contribue à maintenir un taux de varroa suffisamment bas pour assurer la survie des colonies sauvages.
Causes de sa discrétion et facteurs limitants
Le Chelifer cancroides reste difficile à observer dans les ruches pour plusieurs raisons. D’une part, comme il appartient à la même classe des Arachnides que le varroa, il est également sensible aux acaricides, ce qui explique sa raréfaction dans les ruchers traités. D’autre part, la préférence du pseudoscorpion pour le bois et ses aspérités rend la ruche en plastique moins propice à son développement. Enfin, sa petite taille et sa discrétion parmi les abeilles lui permettent souvent de passer inaperçu. Il est donc recommandé aux apiculteurs d’être attentifs lors de leurs visites au rucher pour tenter d’observer cette créature fascinante.
Chelifer Cancroides en train de