Bien préparer la visite de printemps
La préparation d’une visite de ruche doit être soigneusement planifiée pour éviter toute omission et garantir l’efficacité de l’opération. Même si elle ne dure pas longtemps, cette intervention représente une intrusion pour la colonie et cause du stress aux abeilles, qui consomment alors entre 0,5 et 1 kg de miel. Il est donc recommandé de limiter ces visites au strict nécessaire. Voici quelques conseils pour optimiser leur efficacité.
Les objectifs de la visite
Avant d’ouvrir la ruche, il est essentiel de bien réfléchir aux objectifs de la visite. Plusieurs points doivent être vérifiés :
- La colonie dispose-t-elle de suffisamment de réserves de nourriture ?
- La colonie est-elle forte ?
- Faut-il agrandir le volume occupé par le couvain ?
- Faut-il retirer des cadres ?
- Faut-il ajouter une hausse ?
- La reine est-elle présente ?
- La reine est-elle marquée ?
- La reine est-elle en ponte ?
- Le couvain est-il homogène ?
La protection de l'apiculteur
Lors d’une visite au rucher, il est essentiel de disposer d’un enfumoir en fonctionnement ainsi que d’une voilette. L’application modérée de fumée contribue à réduire l’agressivité des colonies, ce qui permet également de limiter la propagation des phéromones d’attaque vers les autres ruches. Refermer une ruche lorsque celle-ci est en état d’alerte peut se révéler complexe et compromettre le bon déroulement de l’intervention. Il est donc impératif d’adopter toutes les mesures de protection appropriées lors de chaque visite.
Matériel à disposition
Selon les objectifs et la saison, le matériel nécessaire doit être préparé et accessible près de la ruche. Parmi les équipements à prévoir :
- Lève cadre, racloir, brosse
- Cadre gaufré, bâti ou de nourriture
- Hausse garnie
- Grille à reine
- Chasse abeille
- Matériel de marquage de la reine, punaise de couleur, stylo, feuille de suivi
- Nourrisseur, sirop
Choisir le bon moment
Il est recommandé d’effectuer cette opération par une journée où la température excède 15 °C afin de prévenir tout refroidissement du couvain. Il convient également de s’assurer de l’absence de vent ou de risque d’orage. Même une miellée modérée incite les butineuses à quitter la ruche, ce qui facilite le déroulement de l’inspection.
Le calme, première qualité de l'apiculteur
La réalisation d’une intervention précise, calme et planifiée favorise le maintien d’une colonie d’abeilles sereine. Cette approche optimise l’efficacité du travail de l’apiculteur et peut réduire la durée de la visite. En cas de comportement agressif observé chez la colonie, il est recommandé de différer l’inspection. Lorsqu’une colonie présente un risque d’agressivité, il convient de ne l’ouvrir qu’en fin d’intervention afin de limiter les perturbations sur l’ensemble du rucher.
Gestes et actions à éviter
Grâce à leur vision composée, les abeilles détectent rapidement les mouvements. Les gestes brusques sont perçus comme hostiles, ce qui déclenche leur réaction défensive. Les secousses sur une ruche se répercutent facilement sur les ruches avoisinantes, tout comme le placement d'outils (tels qu'un chapiteau, un enfumoir ou un lève-cadre) sur une autre ruche à proximité. Il est conseillé d'avoir des supports distincts pour chaque ruche, bien que cette pratique soit peu courante.
Les abeilles réagissent fortement aux odeurs : un parfum ou la transpiration peuvent les rendre agressives. Elles sont aussi sensibles aux couleurs ; il vaut mieux porter une vareuse claire et uniforme. L’utilisation de gants en cuir n’est pas recommandée, car ils peuvent transférer des germes entre colonies et sont difficiles à désinfecter. Les gants jetables en latex constituent donc une meilleure option.
Enfumer en douceur
Pour avertir les abeilles de votre présence, il suffit de diriger un ou deux jets de fumée à l’entrée de la ruche. Donner un petit coup de fumée lors du retrait du couvre cadre n’est pas toujours indispensable ; cependant, si l’intervention dure longtemps, il peut être utile d’en ajouter. Il est important de ne jamais enfumer la hausse, car la fumée risque d’imprégner le miel de son odeur.
S'adapter aux circonstances
Bien que des objectifs précis soient établis avant l’ouverture de la ruche, l’apiculteur se doit d’ajuster son intervention en fonction des observations effectuées lors de la visite. Par exemple, si le marquage d’une jeune reine constitue l’objectif principal mais qu’une cellule royale est identifiée, il convient alors de vérifier la présence d’une reine. En cas de détection de celle-ci, il devient essentiel de prendre immédiatement des mesures pour prévenir l’essaimage. Ainsi, la priorité du marquage initial peut être reléguée au second plan selon la situation observée.
Nettoyer
La visite est l’occasion de nettoyer les ponts de cire entre les cadres, sur les crémaillères, les parois du corps de ruche, la partition ou le couvre cadre. Les tiroirs doivent également être nettoyés régulièrement, car ils sont peu fréquentés par les abeilles et propices au développement de germes responsables de maladies contagieuses ou à l’intrusion de teignes.
Noter ses observations
À la fin de la visite, il convient de compléter la feuille de suivi en y renseignant toutes les observations, les actions effectuées et les objectifs à définir pour la prochaine intervention :
· Date de la visite actuelle
· Date prévue pour la prochaine visite
· Évaluation de la force et du comportement de la colonie (agressivité, tenue des cadres, propreté…)
· Vérification de la présence de la reine, observation du couvain, identification d’éventuelles cellules royales
· Contrôle des réserves alimentaires
· Ajout ou retrait de cadre ou de hausse
· Opérations de nourrissement, traitements (AF, AO, cadre à mâle...), surveillance des chutes naturelles de varroas
Il est recommandé d’imprimer une fiche pour faciliter la prise de notes lors de vos observations.